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Démission au Maroc : préavis et procédure

Mis à jour le 26/06/20266 min de lecture0 vuesProvisoireDroit marocain national

En bref : Si vous envisagez de quitter votre emploi au Maroc, deux questions reviennent toujours : comment démissionner correctement et combien de temps de préavis vous devez à votre employeur. Le Code du travail encadre les deux, et un faux pas peut vous coûter une indemnité.

Si vous envisagez de quitter votre emploi au Maroc, deux questions reviennent toujours : comment démissionner correctement et combien de temps de préavis vous devez à votre employeur. Le Code du travail encadre les deux, et un faux pas peut vous coûter une indemnité.

L'essentiel en bref

La démission d'un contrat à durée indéterminée passe par un écrit dont la signature est légalisée par l'autorité compétente [Art. 34]. Vous devez ensuite respecter un délai de préavis, sauf faute grave ou force majeure [Art. 43]. Ce délai court à partir du lendemain de la notification [Art. 44]. Le négliger expose la partie responsable à une indemnité de préavis [Art. 51]. Quelques situations dispensent du préavis ou le suspendent.

Démissionner : un écrit, pas un coup de tête

Au Maroc, on ne démissionne pas par un simple e-mail furtif. Le contrat à durée indéterminée peut cesser par la volonté du salarié, mais à une condition précise : une démission portant la signature légalisée par l'autorité compétente [Art. 34]. Concrètement, vous formalisez votre départ et vous faites légaliser votre signature auprès du service administratif habilité. Ce formalisme protège tout le monde. Il évite qu'un employeur invente une démission que vous n'avez jamais donnée, et il évite que vous prétendiez n'avoir jamais signé.

Une fois la démission donnée, vous n'êtes tenu que par les règles du préavis prévues à la section consacrée à ce délai [Art. 34]. Autrement dit : le formalisme et le préavis. Rien de plus exotique.

C'est là que les gens se trompent souvent. Ils croient qu'un départ « à l'amiable » verbal suffit. Mettez-le par écrit, faites légaliser, gardez une copie.

Le préavis : qui le doit, et pourquoi

La rupture unilatérale d'un contrat à durée indéterminée est subordonnée, en l'absence de faute grave de l'autre partie, au respect du délai de préavis [Art. 43]. Cette règle vaut dans les deux sens. L'employeur qui licencie le doit. Le salarié qui démissionne aussi.

Le délai et la durée du préavis sont fixés par les textes législatifs et réglementaires, le contrat de travail, la convention collective, le règlement intérieur ou les usages [Art. 43]. Le Code du travail ne grave donc pas un chiffre unique : il renvoie à ces différentes sources. Vérifiez votre contrat. Vérifiez votre convention collective. Vérifiez le règlement intérieur.

Mais il y a des garde-fous. Toute clause fixant un délai de préavis inférieur à la durée prévue par les textes législatifs ou réglementaires est nulle de plein droit [Art. 43]. Et dans tous les cas, toute clause fixant le préavis à moins de huit jours est nulle [Art. 43]. Un plancher absolu, donc. Personne ne peut vous faire signer un préavis ridicule.

Franchement, lisez la clause de préavis de votre contrat avant de poser votre démission, pas après.

Quand le préavis commence — et quand il s'arrête

Le point de départ est net. Le délai de préavis commence à courir le lendemain de la notification de la décision de mettre un terme au contrat [Art. 44]. Vous notifiez aujourd'hui ? Le compteur démarre demain. Pas le jour même.

Le préavis peut aussi être suspendu. Le Code prévoit deux cas : pendant la période d'incapacité temporaire lorsque le salarié est victime d'un accident du travail ou atteint d'une maladie professionnelle, et pendant la période qui précède et suit l'accouchement dans les conditions prévues par les articles 154 et 156 [Art. 45]. Suspension n'est pas annulation : le délai reprend son cours ensuite.

Pendant toute la durée du préavis, la relation de travail continue pour de bon. L'employeur et le salarié restent tenus au respect de toutes les obligations réciproques qui leur incombent [Art. 47]. Vous travaillez. Vous êtes payé. Les engagements tiennent des deux côtés.

Un préavis n'est pas un congé déguisé. C'est du travail, jusqu'au dernier jour.

Partir sans préavis : ce que ça coûte

Parfois, la loi vous dispense du préavis. En cas de force majeure, l'employeur comme le salarié en sont dispensés [Art. 43]. Pendant la période d'essai, chacune des parties peut rompre le contrat sans préavis ni indemnité — mais, après au moins une semaine de travail, la rupture non motivée par une faute grave suppose un délai : deux jours si le salarié est payé à la journée, à la semaine ou à la quinzaine, huit jours s'il est payé au mois [Art. 13]. La salariée en état de grossesse attesté par certificat médical, elle, peut quitter son emploi sans préavis et sans payer d'indemnité compensatrice de préavis ou de rupture [Art. 158].

Hors de ces cas, partir sans respecter le préavis a un prix. Toute rupture sans préavis, ou sans que le délai ait été intégralement observé, oblige la partie responsable — tant qu'elle n'est pas justifiée par une faute grave — à verser à l'autre une indemnité de préavis [Art. 51]. Le montant ? Égal à la rémunération qu'aurait perçue le salarié s'il était demeuré à son poste [Art. 51].

Et il y a un mécanisme de compensation. Lorsqu'un salarié rompt le contrat sans respecter le préavis dû à son employeur dans les conditions de l'article 43, l'employeur peut opérer une compensation entre l'indemnité de congé annuel payé et l'indemnité de préavis [Art. 255]. Traduction : votre solde de congés peut absorber ce que vous devez.

Honnêtement, faire l'impasse sur le préavis sans motif valable, c'est rarement une bonne affaire.

Boucler la sortie proprement

Quand le contrat prend fin de manière ordinaire, des documents officialisent la rupture. Le Code évoque la formule « libre de tout engagement » ou toute autre formule établissant que le contrat de travail a pris fin de manière ordinaire [Art. 72], dans le cadre du reçu pour solde de tout compte. Lisez ce document avant de signer. Une signature engage.

Gardez chaque trace écrite : la démission légalisée, la preuve de notification qui fixe le point de départ du préavis [Art. 44], vos bulletins de paie de la période de préavis, le reçu pour solde de tout compte [Art. 72]. Si un litige surgit plus tard sur la date de départ ou sur une indemnité de préavis [Art. 51], ces pièces feront la différence.

Une dernière chose : le préavis se compte aussi en relations humaines. Vous reverrez peut-être ces collègues ailleurs. Partez en règle, et partez en bons termes.

Références

  • Article 13 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 34 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 43 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 44 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 45 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 47 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 51 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 72 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 158 — Code du travail (loi n° 65-99)
  • Article 255 — Code du travail (loi n° 65-99)

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